mardi 18 décembre 2007

La fin de l'égalité républicaine par l'école

Les évaluations réalisées en CE1 et CM2 sont des outils objectifs pour cibler les difficultés des élèves. On aimerait entendre que le Ministère de l'Education Nationale les utilise pour cibler les écoles dont les moyens humains (en quantité comme en qualité, n'ayons pas de tabou) devraient être relevés. Ceci aurait des vertus extrêmement positives, qui alliées à un système d'enseignement du type scandinave - avec un authentique professeur détaché pour des cours individualisés aux élèves en difficulté - apporteraient bien des améliorations en maintenant un budget efficient.

L'annonce de rendre publiques ces évaluations ne choque pas en soi. La transparence est une vertu. En revanche, réaliser cette réforme tout en supprimant la carte scolaire revient à mettre en concurrence les établissements, et à établir une hiérarchie sur la seule base d'une réputation statistique. C'est en cela que le projet risque de conforter les parents voulant à tout prix faire 'changer leur enfant d'école', au mépris de toute égalité républicaine et de tout métissage social.

Sur bien des points, les fractures politiques décriées par François Bayrou sont effectivement obsolètes. Sur l'égalité républicaine, force est cependant de constater qu'un vrai clivage gauche/droite existe. Plutôt que de refuser sans cesse de faire son mea culpa sur des réformes économiques parfois maladroites, le PS devrait reconnaître ses erreurs pour regagner en crédibilité, et par la même occasion se ressaisir des sujets de fond sur lesquels un boulevard semble ouvert, mettant à mal un certain nombre de valeurs sociétales que porte la République.

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